Le pendentif donut, aussi appelé pi chinois, est une forme circulaire percée en son centre. Sa simplicité apparente cache une difficulté précise : conserver une couronne régulière et un trou propre, sans fissurer ni surchauffer la pierre. Les étapes varient avec la dureté, la ténacité et les défauts du minéral.

Donut, pi chinois : quelle forme ?
Dans ce guide, les deux termes désignent un disque de pierre dont le trou central permet de passer un cordon, un lien ou une bélière. Le bord extérieur peut être plat, doucement bombé ou arrondi ; le trou peut rester droit ou recevoir un léger adoucissement. Ce n’est pas une perle : le diamètre du trou est beaucoup plus grand et la stabilité de la couronne est déterminante.
1. Choisir et débiter le brut
Le lapidaire commence par une portion de brut assez épaisse pour la forme visée. Il repère veines, fissures, plans de clivage et inclusions avant de placer le futur trou : un défaut près du centre fragilise tout le pendentif. Le bloc est débité en plaque à la scie diamantée, avec arrosage. La découpe et le choix d’orientation suivent le dessin ou les couleurs de la pierre.
2. Tracer, scier et mettre au rond
- Tracer les deux diamètres. Le cercle extérieur et le trou sont reportés au compas ou au gabarit. L’épaisseur restante autour du trou doit rester régulière.
- Découper l’ébauche. Une scie diamantée ou une lame fine enlève les excédents autour du tracé. En atelier, plusieurs coupes droites rapprochent la forme du cercle avant le meulage.
- Former le pourtour. Une meule diamantée, un disque ou une bande abrasive humide amène progressivement le disque au diamètre. L’eau lubrifie, limite l’échauffement et emporte les débris qui encrasseraient l’abrasif.
3. Percer le trou central
Le centre est habituellement ouvert avec un foret diamanté tubulaire (foret carottier), monté sur un matériel de perçage adapté. La pierre est maintenue de façon sûre, sous un apport d’eau ou dans une coupelle d’eau selon le montage. Le but est de retirer un petit noyau, non de traverser brutalement avec une pointe.
Le perçage est progressif. Pour réduire le risque d’éclat à la sortie, l’opérateur peut retourner la plaque et terminer depuis l’autre face, en faisant rejoindre les deux perçages. Le bord interne est ensuite adouci avec un petit outil diamanté ou un abrasif compatible, afin qu’il n’abîme pas le cordon.
4. Arrondir, abraser et polir
Le pourtour extérieur, les deux faces et l’intérieur du trou sont mis en forme avant le poli. Les grains passent du plus abrasif au plus fin ; chaque grain doit effacer les rayures du précédent. Sur une machine à roues, l’eau est maintenue sur la surface de travail. Le choix du prépolissage et de la poudre de polissage dépend du minéral : il n’existe pas de recette universelle.
Le pendentif est séché et observé sous plusieurs angles. Le poli ne doit pas dissimuler une rayure, un plat involontaire ou une fissure révélée par l’eau.
Atelier artisanal ou fabrication en série
| Atelier | Série |
|---|---|
| Le contour, le trou et l’épaisseur peuvent être adaptés à un morceau de brut singulier. | Des gabarits, formats et diamètres répétés accélèrent le débit et le façonnage. |
| Le lapidaire corrige l’orientation d’une veine ou écarte une zone fragile au cas par cas. | Le brut est trié pour correspondre à des formats ; la répétabilité ne supprime pas le contrôle des défauts. |
| Les opérations restent les mêmes : sciage, meulage humide, perçage diamanté, abrasifs fins et poli. | Les opérations peuvent être organisées par postes, sans modifier la nécessité d’un perçage refroidi et d’une finition régulière. |
5. Contrôle qualité
- le trou est centré ou volontairement décentré selon le dessin, sans éclat vif ;
- la largeur de pierre autour du trou reste cohérente ;
- le disque ne présente pas de fissure traversante ou de zone trop mince ;
- le lien passe sans accrocher ;
- le poli est homogène sur les faces, le chant et le bord intérieur.
Un cordon, une bélière ou un montage textile n’est ajouté qu’après les contrôles lapidaires. Le pendentif fini peut alors être comparé aux autres pendentifs en pierre naturelle. Pour les pierres destinées à une forme bombée puis sertie, consultez aussi notre guide sur la fabrication des cabochons.
Découvrir les pendentifs donuts
Questions fréquentes
Comment le trou d’un donut est-il réalisé ?
Avec un outil diamanté, généralement tubulaire, sous eau. Le diamètre et la profondeur sont contrôlés progressivement.
Pourquoi travaille-t-on à l’eau ?
L’eau réduit le frottement et la chaleur, et évacue les boues de coupe. Elle aide aussi à préserver l’efficacité de l’abrasif.
Peut-on faire un donut dans n’importe quelle pierre ?
La forme est possible dans de nombreux minéraux, mais une pierre très tendre, fissurée ou à clivage marqué demande une épaisseur, une vitesse et un abrasif adaptés.
Le cordon est-il percé dans la pierre après le polissage ?
Non. Le trou central fait partie du façonnage ; ses bords sont aussi finis avant le poli final.
Un donut est-il toujours fait à la main ?
Non. Certaines étapes peuvent être organisées en série. Les opérations essentielles et les contrôles restent toutefois les mêmes.


